On parle souvent des bienfaits du savon d’Alep, rarement de la main qui le fabrique. Nous avons échangé avec notre maître savonnier, qui est lui-même notre associé chez Organic Bio Tech (Maison du Laurier), pour comprendre ce qui se passe vraiment dans l’atelier.
Un savon qui se fabrique au rythme des saisons
Première surprise : le savon d’Alep ne se fabrique pas toute l’année. La production a lieu pendant les mois les plus frais, de novembre à mars environ. L’huile d’olive est d’abord mélangée à de l’eau et chauffée jusqu’à environ 200 °C. Vient ensuite l’ingrédient signature, l’huile de baie de laurier, ajoutée au bon moment.
Quand la pâte atteint la bonne consistance, on la laisse refroidir toute une nuit. Le lendemain, elle est versée à même le sol de l’atelier.
La découpe à l’ancienne, puis la patience
Pour égaliser et découper la masse, les ouvriers marchent dessus avec des sortes de chaussures en bois. Chaque pain est ensuite estampillé du cachet du savonnier, puis mis à sécher.
« Le savon d’Alep, c’est comme un bon vin : plus il vieillit, meilleur il est », résume notre savonnier. La cure dure au minimum neuf mois. Pendant ce temps, sous l’effet de l’air, la surface passe du vert à un brun doré, tandis que le cœur reste vert.
Un savoir-faire transmis, pas délocalisé
Ce qui fait la différence, c’est la composition et la main qui la maîtrise. Nous connaissons personnellement les personnes qui fabriquent nos savons. Le métier se transmet de génération en génération, sans exploitation, dans le respect de la tradition syrienne.
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Pourquoi tant de gens y reviennent
Quand on demande à notre savonnier pourquoi le savon d’Alep séduit autant aujourd’hui, sa réponse est simple : les gens en ont assez de mettre de la chimie sur leur peau et de passer d’un produit à l’autre sans jamais être satisfaits. Le savon d’Alep, lui, n’a pas changé depuis des siècles. Il rassure parce qu’il est lisible : quatre ingrédients, pas de promesse marketing, juste un savon qui fait son travail en douceur.
Il y a aussi l’attachement à l’histoire. Utiliser ce savon, c’est prolonger un geste vieux comme le monde, fabriqué par des mains que nous connaissons. Notre savonnier insiste sur un point : ce qui compte vraiment, c’est la composition, le pourcentage d’huile d’olive et d’huile de laurier. Le reste n’est que décor.
C’est cette honnêteté, autant que la qualité, qui crée la fidélité de nos clients au fil des années.
Questions fréquentes
Pourquoi le savon d’Alep se fabrique-t-il seulement l’hiver ?
Les températures fraîches (novembre à mars) conviennent mieux au processus de cuisson et de prise du savon.
Combien de temps sèche un savon d’Alep ?
Au moins neuf mois. Cette longue cure lui donne sa dureté et sa douceur.
Pourquoi le cœur du savon est-il vert et l’extérieur doré ?
L’air oxyde la surface, qui brunit, alors que l’intérieur garde sa couleur verte d’origine. C’est un bon signe d’authenticité.